Quelques notions pour rafraîchir la mémoire de ceux qui ont connu la pellicule… et pour les p’tits jeunes qui souhaitent savoir de quoi on cause ! Ce bref aperçu est issu de mes vieux cours de photo, de ma bible de jeunesse : « La photo de Chenz et Jeanloup Sieff » et un peu de ma mémoire !!!
La sensitométrie, c’est l’étude de la réaction des émulsions photographiques à la lumière. Autrement dit, comment une pellicule transforme une quantité de lumière reçue en une densité d’image après développement.
À l’époque de l’argentique, c’était une notion essentielle pour le photographe. Et même à l’ère du numérique, elle reste une excellente façon de comprendre l’exposition, le contraste et la dynamique d’une image.
Une pellicule argentique contient une émulsion composée de cristaux photosensibles d’halogénure d’argent. Lorsqu’ils sont exposés à la lumière, une image latente se forme. Le développement chimique transforme ensuite cette image invisible en une image constituée d’argent métallique pour un négatif noir et blanc.
La sensitométrie cherche notamment à répondre à trois questions :
Quelle quantité de lumière faut-il pour obtenir une image exploitable ?
Comment la pellicule restitue-t-elle les différences de luminosité du sujet ?
Quel contraste obtient-on après développement?
C’est le cœur de la sensitométrie, La courbe permet de visualiser la manière dont un film encaisse les ombres,restitue les demi-teintes et gère les hautes lumières.

On retrouve en X (horizontal) le logarithme de l’exposition reçue noté Loh H et en Y (vertical) la densité optique obtenue après le développement.
Le pied correspond aux faibles expositions, la partie linéaire est la zone où la densité augmente de manière proportionnelle au log de l’exposition et enfin l’épaule correspond aux fortes expositions.
Comment l’interpréter ?
L’analyse de la courbe permet notamment de déterminer la sensibilité effective, le contraste et la plage d’exposition utile de l’émulsion. Elle sert également à comparer différents films et/ou différents procédés de développement.
La densité exprime la quantité de lumière qu’un film laisse passer après exposition est développement. Plus le film est dense, moins il laisse passer de lumière.
Pour aller plus loin, on définit la densité par :
D représente la densité optique, T la transmission de la lumière.
Sans rentrer dans les détails, quelques notions importantes.
Le contraste décrit l’écart entre les densités des différentes zones de l’image. Le gamma permet de caractériser le contraste dans la partie utile de la courbe. Plus le gamma est élevé, plus le contraste de l’image est important. La latitude d’exposition désigne la plage d’exposition dans laquelle un film peut fournir un résultat acceptable. C’est sa capacité à conserver des détails malgré une sous-exposition ou une surexposition.
La sensitométrie s’intéresse également au traitement chimique lors du développement. Plusieurs paramètres interviennent : la durée, la température, l’activité du révélateur (type, formulation) l’agitation, etc.
Pour étudier cette partie, on expose des échantillons de film dans des conditions connues pour ensuite les développer selon un protocole contrôlé afin d’en mesurer leur densité optique. Les résultats permettent de tracer les courbes caractéristiques et de comparer les traitements. La sensitométrie prend toute son importance : elle transforme une impression visuelle en mesures comparable.
La sensitométrie permet de comprendre comment réagit un film à la lumière et comment le développement influence sa réaction. Elle permet de connaitre les caractéristiques du film : sensibilité, contraste, latitude, etc. afin de choisir le film le mieux adapté à ses besoins.
Et pour le numérique ? Même si le principe est différent, elle reste utile pour comprendre le comportement du capteur, sa dynamique, son bruit et bien sûr ses limites.