Ghislain SIMARD

1- Pourquoi faites-vous de la photo?
J'ai eu la chance d’avoir un père collectionneur de papillons. Donc, très jeune, j’ai pu découvrir ces magnifiques insectes en l’écoutant me citer leurs superbes noms (Tabac d’Espagne, Robert le Diable, Vulcain, Flambé, ...) et me décrire leur mode de vie. Très rapidement, les papillons furent pour moi une passion ! Mais quelque chose me dérangeait dans la chasse aux papillons : pourquoi les tuer alors qu’on prend tant plaisir à les voir évoluer dans la nature, de fleur en fleur ? A l’âge de 12 ans, Claude Nuridsani et Marie Perennou me donnèrent la solution grâce à leur livre «photographier la nature» : je serai photographe de papillons. Et, depuis 25 ans maintenant, je pratique la photographie macro avec plus de satisfaction chaque jour.
2- Comment avez-vous débuté?
En premier lieu, comme je l'ai dit ci-dessus, mon père était collectionneur de papillons. Il m'a donc transmis sa passion pour ces superbes insectes. D'autre part, j'ai eu la chance de découvrir la photographie à l'âge de 10 ans grâce à un petit laboratoire qui se trouvait juste derrière la salle de classe à l'école primaire. J'ai été émerveillé lorsque j'ai vu, pour la première fois, une image apparaître sur le papier plongé dans le révélateur. Très naturellement, j'ai lié ces deux passions et, à l'âge de 12 ans, j'ai fait l'acquisition de mon premier reflex accompagné d'un jeu de bagues-allonge. Depuis lors, je photographie les lépidoptères..
3- Quels sont les photographes que vous aimez et pourquoi?
Je garde une affection toute particulière pour les images de Claude Nuridsani et Marie Perennou qui m'ont permis de comprendre qu'au delà de l'intérêt entomologique, mes clichés macro devaient être esthétiques. J'ai bien sûr une grande admiration pour le travail de mon illustre prédécesseur et maître en photographie ultra-rapide, Stephen Dalton. C'est lui qui m'a ouvert les yeux et qui m'a montré que le vol des papillons est magnifique. Il m'a conduit dans le chemin de la prise de vue des lépidoptères en vol. Aujourd'hui, j'apprécie avant tout les images graphiques où la part belle est donnée tant à l'environnement qu'au sujet lui-même. En ce sens, je trouve que les clichés de Vincent Munier sont exemplaires.
4- Quelle importance a pour vous la technique?
La technique a bien sûr une importance cruciale en photographie ultra- rapide. Ayant souvent recours à des temps de pose très courts de l'ordre de 1/20.000° sec utilisant souvent un système de déclenchement automatique par Laser de ma conception, chacun de mes clichés est en quelque sorte un exploit technique. Je sais que les moyens techniques que je mets en oeuvre intéressent tous les amateurs de photographie animalière mais, dans la pratique, ce n’est vraiment pas important. Il faut juste suffisamment maîtriser les outils de prise de vues pour pouvoir les oublier et se concentrer sur l’essentiel. L’essentiel, c’est le vol des papillons !
5- Quels conseils donneriez-vous à un jeune photographe?
Le premier conseil que je donne est toujours celui-ci : photographiez ce que vous aimez ! En effet, il est fondamental de très bien connaître les sujets qu'on photographie. Un photographe animalier doit avant tout être un amoureux de la nature. En ce qui concerne mes clichés de lépidoptères, il faut d’abord observer les papillons, découvrir où ils vivent, à quelle époque de l’année, analyser comment ils volent, trouver les plantes sur lesquelles ils aiment se poser. Et il faut réitérer toutes ces étapes pour chaque espèce. Et que de diversité dans le vol des papillons !
6- Aimez-vous les pixels?
En effet, j’ai eu l’occasion de tester un Nikon D1 de présérie en octobre 1999. Dès ma première prise en main, j’ai pressenti le fort potentiel de ce reflex numérique en prise de vue rapprochée. Une des grandes qualités du numérique est la capacité à montrer très vite les résultats. J’ai donc utilisé mon Nikon D1 pour faire de nombreuses recherches sur l’éclairage au flash indispensable pour figer le mouvement et pour comprendre les subtilités de la lumière du soleil qui éclaire le monde miniature des insectes. Cela me permet de retranscrire à l'aide de la photo ultra-rapide toute la beauté du vol des papillons. Aujourd'hui, l’appareil numérique me permet avant tout de contrôler mes résultats dans la nature, pendant les prises de vues.. Il est en effet impossible de prédire quelle est la bonne durée d'exposition pour chaque espèce voire pour chaque individu ! Je ne connais pas d’autre solution que de faire des essais, et avec le numérique, le résultat des tests est disponible de suite et permet de modifier les réglages en pleine séance de prise de vue.
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