
1- Pourquoi faites-vous de la photo?
Parce que j'aime ça ! Réponse simple mais qui est quand même à la base de toute démarche un tant soi peu "créative". J'aime être en montagne et plus généralement dans la nature, sentir et ressentir les éléments, avoir conscience de notre fragilité et de notre dimension (modeste) dans ce grand Tout qu'est l'univers... Et puis j'aime la lumière, les lumières et particulièrement celles de la haute montagne, de l'altitude, pour les tableaux denses et éphémères qu'elle offre. J'aurais peut-être pu les peindre ou les écrire mais c'est au travers de la photo que j'arrive le mieux à les exprimer et les partager. C'est une forme de quête esthétique et un plaisir de partager.
2- Comment avez-vous débuté?
Très tôt , au club photo du collège (on avait un labo noir et blanc à disposition), avec un simple instamatique puis un petit compact Konica en 24x36 offert pour mes 14 ans. Puis avec un premier réflexe pour des photos d'escalade et des articles pour des magazines de montagne et des diaporamas. Ce n'est qu'en 1996 que suite aux conseils de ces revues j'ai décidé d'investir dans du matériel plus "professionnel" (un EOS 3 et une série d'optiques L) et de rentrer dans une agence photographique (l'agence Hoaqui ou je suis toujours).
3- Quels sont les photographes que vous aimez et pourquoi?
Ceux qui m'ont le plus inspiré sont Galen Rowel, photographe et alpiniste Américain et Walter Bonatti, le célèbre alpiniste et aussi (ce qui est moins connu) photographe. Galen Rowel m'a fasciné par sa quête des lumières denses, l'esthétique des lignes et des formes de la nature, notamment dans son livre "Mountains lights" et Walter Bonatti par son regard d'alpiniste en plus de sa recherche esthétique. Un de ses livres, "Magie du Mont-blanc" m'a beaucoup inspiré.
4- Quelle importance a pour vous la technique?
Elle permet d'exprimer au plus juste ou au plus près ce que l'on ressent et veut faire partager. Un peintre, un sculpteur, tout "artiste" à besoin de technique pour les même raisons. Avec le numérique, une bonne connaissance des techniques de prise de vue doit se doubler d'un grand "savoir faire" en traitement numérique indispensable pour s'exprimer avec la plus grande liberté.
5- Quels conseils donneriez-vous à un jeune photographe?
Autant que possible, de trouver le domaine particulier ou il a le plus envie de s'exprimer et de s'y investir "corps et âme". Il est difficile, notamment aujourd'hui avec les rudes lois du marché et de la concurrence, de faire les choses à moitié si on veut en vivre et s'épanouir. Regarder avec beaucoup d'attention le travail des autres photographes sur son domaine de prédilection pour apprendre et savoir dans quelle direction on veut aller, ce que l'on veut faire et montrer, construire son regard.
6- Aimez-vous les pixels ?
Maintenant oui ! Mais les début n'ont pas été si facile que cela.... Je suis passé rapidement (un peu trop peut-être) au numérique, dés 2004, avec un EOS 1Ds et j'ai eu du mal les premier mois car je ne maîtrisais pas les technique de traitement numérique de l'image. Je pensais que le numérique était aussi simple que la diapo... J'ai faillît tout revendre pour revenir en argentique et notamment au rendu si spécifique de la pellicule Velvia. Finalement je me suis accroché et je ne pourrais plus aujourd'hui revenir en arrière. La qualité des images est époustouflante et le gain en créativité et en liberté par rapport au temps des diapos traitées en laboratoire est énorme... Il y a plus de travail et beaucoup d'heures passées devant un écran (je ne fais que du Raw) mais c'est le prix à payer pour pouvoir s'exprimer au mieux de ce que l'on ressent.
![]() |
![]() |
![]() |
Site web : www.lumieresdaltitude.com